Dorian prit sa veste et s'engagea pour le chemin du retour. A l'entrée du cabaret, une foule de gens faisaient la queue pour accéder aux guichets des enchères. Il faut dire que le spectacle du soir fut grandiose. Et Saralyn, parfaite.
*
Saralyn remit de l'ordre dans son apparence à l'intérieur de sa loge. Comme d'habitude, le spectacle avait été réussit. Et le public, ces humains, ne l'avaient pas quitté des yeux. Un homme avait retenue son intention. Elle se promit de le charmer pour l'inciter à se jeter dans ses bras. Ainsi, elle pourrait s'abreuver dans le sang d'un jeune homme qui avait une belle allure. La beauté et la puissance. Quel alliage parfait pour Saralyn !
Duke entra sans frapper dans la petite mais luxueuse loge.
« Ma belle, le dîner est servi. Au menu, une grosse dinde farcie. Elle t'attend
dans la loge n°6. Je te laisse, j'ai à faire. L'argent que ton repas à verser tantôt va me permette de t'acheter de nouvelles tenues. Sur ce, je te laisse, et surtout ... régale toi ! »
Saralyn le retient : « Duke, attends j'ai ... »
Elle baissa le regard, s'étonnant de ne plus avoir aucun souvenir de ce qu'elle voulait lui dire.
Duke intéressé : « oui ? Tu as ?... »
Saralyn : « euh... Non rien, laisse tomber Duke ! »
Duke : « oh, mon enfant, tu me déçoit, cela fait maintenant 152 ans que j'espère t'entendre un jour m'appeler 'papa' »
Saralyn : « excusez moi, père. »
Et Duke sortit, des étoiles dans les yeux.
Saralyn avait faim. Ses veines lui brûlaient comme si elles contenaient du poison.
Cette sensation lui était insoutenable même si elle avait le souvenir de l'avoir déjà surmonter dans sa deuxième vie. Sa deuxième vie avait été peinte dans la souffrance et la solitude.
Elle se refusa d'y penser. Maintenant, elle avait tout ce qu'elle souhaitait : la Puissance, la Beauté, l'éternelle Jeunesse et l'amour d'un père.
Elle sortit de sa loge. De sa gracieuse démarche de félin, elle atteignit la loge qui porte le numéro 6. En ouvrant, elle se remémora la phrase de Duke. « Au menu, une grosse dinde farcie. » « Que voulais t-il dire ? » pensa t'elle.
Dans la loge, une forte dame était assise patiemment sur une chaise en broderie ancienne.
Du bout de son bras, pendait une laisse qui retenait un petit caniche au poil touffu et rose.
Saralyn s'approcha. La grosse dame se leva. Elle portait un chapeau a plumes roses qui rehaussait la ridiculité de sa personne.
La dame : « Saralyn, ma chérie, que tu es jolie. J'ai acheté ta nuit pour te poser toute sorte de question. »
Saralyn sourit : « moi aussi, j'en ai une a vous posez »
Elle enfonça son regard dans celui de la dame.
Elle n'avait pas une belle apparence certes, mais la faim de Saralyn prenait le dessus.
Elle se pencha majestueusement sur la grosse dame comme pour lui chuchoter a l'oreille.
Sous le regard pointu et l'attitude oppressante de Saralyn, la dame se sentit perdre tous ses moyens.
La dame balbutiant : « Aah Ahh oui ? Et, et laquelle ? »
Saralyn lui chuchota alors : « quel goût possédez vous ? »
Sur ces paroles, en un seul geste, les dents aiguisées de Saralyn percèrent la grosse artère dans le cou de la grosse dame qui hurla à mort.
Son sang coulait abondamment dans la gorge de Saralyn.
Elle tenta de s'enfuir, écrasant de ses lourdes jambes son caniche qui gémissait sous ses coups. Saralyn la retenait fermement, la vidant de son sang.
Saralyn : « quel goût, quel élixir de vie suprême.. »
Quand elle eut finit de la dame, elle lâcha sa dépouille au sol. Puis, elle lécha avec avidité ses doigts menus, gorgés de sang frais. Ses yeux rouges de prédateurs se posèrent sur le chien qui la guettait d'en dessous la chaise où était assise auparavant la dame.
Tel un rapace sur sa proie, elle fondit sur lui. Ses mains se resserrèrent sur son cou tel les serres du rapace. Le goût du chien n'était pas aussi exquis que celui de sa maîtresse. Une fois son festin terminé, elle s'essuya la bouche d'un revers de la main.